Les agences immobilières au Japon
Cinq jours à Kyoto, six jours à Tokyo. Largement de quoi observer le marché immobilier local, ou du moins tenter de le faire. Premier constat : pas une seule vitrine d’agence immobilière à l’horizon, ni à Kyoto ni à Tokyo. Pas d’annonces plastifiées derrière une vitre, pas de photos de biens avec leurs prix affichés à la rue. Rien de ce que l’on connaît en France.
Un marché peu visible depuis la rue
Au Japon, les agences immobilières semblent fonctionner comme beaucoup de restaurants et de commerces locaux : installées en étage, dans des immeubles banals, sans signalétique visible depuis le trottoir. Pour un touriste ou un expatrié de passage, elles sont pratiquement introuvables sans en connaître l’adresse précise. Une petite annonce repérée dans un quotidien local en anglais, clairement destinée à une clientèle d’expatriés, et un seul immeuble arborant ce qui ressemblait à une annonce immobilière : voilà le bilan de onze jours d’observation. À noter tout de même : un panneau Century 21 aperçu depuis un taxi à Tokyo, preuve que les réseaux internationaux ont bien mis un pied dans le marché nippon.
Ce que cela dit du marché immobilier japonais
Cette discrétion n’est pas un hasard. Le marché immobilier japonais repose largement sur des réseaux de confiance, des intermédiaires spécialisés et des plateformes en ligne peu accessibles aux non-japonophones. Pour un étranger souhaitant acheter ou louer au Japon, l’opacité est réelle. À bien des égards, cela rappelle ce que vivent les acheteurs étrangers ou expatriés qui cherchent à acheter un appartement à Paris sans connaître les codes du marché local : beaucoup d’annonces en surface, peu de transparence sur les biens vraiment disponibles, et un accès off-market quasi impossible sans le bon intermédiaire.
C’est précisément pour répondre à cette réalité que le métier de chasseur immobilier existe en France depuis plus de vingt ans. Plutôt que de chercher seul dans un marché opaque, l’acheteur mandate un expert qui connaît le terrain, les adresses et les vendeurs, et qui travaille exclusivement dans son intérêt. Une approche que les acheteurs japonais, eux, semblent pratiquer depuis longtemps sans en faire de vitrine.